Ô temps...

montre

Autant commencer par dire

Qu’il ne s‘agit pas de celui que l’on peut maudire

Par désintérêt pour l’interlocuteur

Lors d’une insipide conversation sans ardeur

 

J’affirme que je me moque ô temps

De celui qu’il fera, fait ou faisait

Que de celui que je vais conjuguer

Au temps futur, présent ou passé d’antan

 

D’autant de formes que le temps puisse s’habiller

Se déguiser des sens qu’il a portés

Je reconnais celui qui m’assassine

Mettant mes rêves en sourdine

 

Ce n’est pas  pour ô temps

Qu’i l ne me laisse pas pourtant

Du temps avec un fil me conduisant

À tisser de jolis instants

 

Même son élasticité légendaire

Que l’on soit ou pas en bonne compagnie

A commencé à me déplaire

Car jamais sur des lèvres, il ne se suspendit

 

Non, je lui en veux ô temps

D’avoir tué mes rêves ardents

Mes désirs les plus brûlants

À force de s’égrainer dans le vent

 

L’infernal sablier ne peut pas être arrêté

Le morne présent devenant inlassablement passé

Même le couple des aiguilles stagnantes

Ne bloque cette  avancée solitaire et répugnante

 

Impossible de le rattraper ou de l’inverser

De retrouver celui de ma jeunesse égarée

Aux côtés de mes espoirs enterrés

Ils doivent continuer de se putréfier

 

Je ne peux redonner du temps ô temps

Ni l’envoyer valser en deux temps

D’autant qu’avec la régularité du mouvement

Le flot d’antan s’écoule et mon âme s’écroule

 

J’en arrive à espérer que celui qui m’est accordé

M’enveloppe d’une douce cape étoilée

De cieux plus cléments, couverts de baisers

Avant que je ne sois plus que désespéré

Ou qu’il soit écourté…

IvanK